Plongée à Font-Vive

L’été dernier, les deux Thomas avaient déjà profité du cadre bucolique de la résurgence de Font-Vive, sur la commune de Grospierre en Ardèche. Malheureusement pour eux, cette précédente escapade n’avait pas permis de révéler le réseau, qui, depuis l’étroiture à 15 mètres, était complètement obstrué par de nombreux graviers.

Fort de ce constat, je rejoins l’équipe par ce samedi de février, bien décidé à aller voir plus loin que l’entrée, dans cette résurgence que l’on dit magnifique à plus d’un titre.

A 8 heures pétante, nous finissons de charger le camion, sous les coups de boutoir d’un vent soufflant à plus de 110 km/h en rafale. Heureusement, Eole sera un peu plus clément avec nous en Ardèche. Après un petit café, nous prenons la route.
Nous avons vu large côté matériel pour la journée. Nous sommes parés pour toute éventualité. Le camion est chargé de 2 x 12 litres aciers, 2 x S80, 3 x 7litres carbone, 2 x 6 litres 300b, 2 x 4 litres, et 2 x bi-12 litres. Le compresseur 15m3/h nous accompagne également. Nous partons serein. Nous avons de quoi bosser dans de l’étroit, et nous avons du volume pour de l’explo.

Arrivé sur site, le vent, certes moins fort, se fait toujours sentir et la vasque est irisée de petites vaguelettes. Ceci n’enlève rien au charme du lieu et Thomas N. s’essai à la photo artistique de reflets. Le débit est parait-il plus important que durant l’été (normal) et nous nous mettons à espérer un passage dégagé, large comme un tunnel de chemin de fer. L’eau est d’une clarté ignoble pour un plongeur qui aurait oublié ses blocs. C’est absolument fabuleux et nous nous dépêchons de nous équiper pour aller faire une 1ère reconnaissance.

Nous sommes en configuration légère pour cette première incursion. Thomas N. passe devant moi pendant que Thomas S. fini de se préparer. Il profite de la clarté de l’eau en s’engageant dans l’étroiture d’entrée pendant que je récolte les sédiments dans le masque, ne distinguant bientôt plus la paroi à 30 centimètres.
A 15 mètres nous butons sur la principale étroiture qui semble garder jalousement l’entrée des lieux. Gonflé à bloc, Thomas tente une première désob sur la gauche. Manque de pot, c’est sur la droite que ça file. Après une mise au point en surface, nous nous y remettons tous les trois, d’aucun stabilisant les graviers dans la pente, pendant que les autres essaient de passer se verrou qui semble du plus en plus consistant.
Après une heure de boulot infructueux, nous nous échappons au camion pour regonfler les blocs, allumer un feu et faire réchauffer quelques pizzas.

Les deux Thomas feront une nouvelle tentative l’après-midi. Pour ma part je décide de profiter du coin et me plonge dans mon bouquin en attendant qu’ils ressortent. 45 minutes plus tard c’est chose faite et, lorsque je vois mon bloc d’oxy remonter avec eux, je comprends vite qu’ils n’ont pas réussi à passer. Frustrés, ils me diront avoir pu voir la suite… à travers une ouverture de 10 centimètres.
Dépités nous remballons, encore sous le charme des promesses de cette résurgence tellement magique. Avant de partir nous ferons un petit tour dans la colline, histoire de s’assurer qu’il n’y aurait pas un autre accès possible le long d’une ligne de faille. Mais tout l’amont est constitué de pierriers qui justifient à eux seuls le remplissage de l’accès, malgré les campagnes de désobstruction passées.

Sur le chemin du retour nous nous arrêterons tous les 2 kilomètres entre Barjac et Montclus afin d’explorer les trous qui se présente à proximité de la route. Qui sait, avec un peu de chance on pourrait trouver un nouveau filon. On fini d’ailleurs par tomber sur une cavité, en bord de route, déjà visitée mais absolument magnifique et qui va nécessiter d’y retourner, pour voir jusqu’où ca va et comment cela s’arrête… Why not ?!

Nous finissons par rentrer, tout crotté, à Cabannes, où nos chères et tendres nous rejoignent pour finir cette agréable journée autour d’une assiette de raclette bien méritée.
Je fini par me coucher, une fois à la maison, en imaginant tous les scénarios qui nous permettraient de passer à Font-Vive car, c’est certain, nous y retournerons !

Mehdi Darques

Article mis en ligne par Romain