Peyraou de Chadouillet

Froid et venteux, c’est ainsi que le jour se présente en ouvrant les volets. A 7h00 du matin, au petit déj, ma moitié nous prend pour des fous. Comment lui expliquer que sous terre il fait beau et chaud sans avoir à justifier le réchaud et le cassoulet en boite que j’ai emporté pour me réchauffer une fois dehors ?!

Laissant fils et épouse pour la journée, je retrouve les deux Thomas à 9h00 pour charger. Ce fût vite fait. Brûler quelques calories pour affronter l’hiver, c’est tout ce qui compte à cette heure.

Le GPS est programmé.. enfin non. L’antiquité récente de Thomas ne connais pas Chadouillet. Qu’importe, j’y étais il n’y a pas si longtemps et, de Barjac, je reconnaîtrai la route. Bonne surprise en chemin, point de neige et ciel relativement dégagé ! Mais toujours ce vent à décorner les boeufs, enfin, plutôt les dents de morse vu la température extérieure. Si nous n’avions pas été si pressés de rentrer sous terre, nous aurions probablement croisé un ours blanc !

Arrivés sur site, nous enchaînons rapidement les deux portages qui seront nécessaires pour emmener les blocs au trou. Du pont en pierre, le chemin est aisé et nous serons dans l’eau moins d’une heure plus tard. Thomas S. est motivé. Nous avons prévu nos configurations pour l’amont. « C’est à droite Thomas » lui dis-je en entrant… Le voilà parti vers l’aval. 5 minutes plus tard, nous le voyons revenir… « j’avais compris à gauche » (oui, enfin, l’autre droite quoi).

Je m’immerge en tête. L’eau est cristalline et je tiens à en profiter pour rapporter quelques belles images. L’absence totale de particule sera un vrai bonheur avec l’éclairage vidéo que je peux enfin exploiter à peu près correctement (je filme en GoPro, faut pas trop en demander). Passé le premier plongeur, le siphon devient vite laiteux. Nous alternerons donc la tête pour que chacun puisse en profiter tout son saoûl.

Chadouillet est une cavité magnifique en multi-siphons. Nous sommes dans une vrai configuration de plongée spéléo avec des inter-siphons plus ou moins longs. L’air est légèrement gazé en post-siphon jusqu’au S4. Le moindre effort augmente rapidement le rythme respiratoire. Nous avançons bien, en prenant notre temps… en profitant !!!

Le départ du S4 marquera mon terminus. Ma configuration en S80 (pas le choix, j’ai pas d’autre bloc pour le moment), aura raison de moi et de ma technique de phoque rampant à l’inter-siphon. J’en ai encore le dos en vrac. J’entamerai mon retour, m’arrêtant de ci, de là, après avoir vu les copains plonger dans la suite qui s’annonce tout aussi splendide et claire.

Pendant que Thomas N. pousse au S6 et que Thomas S. va grenouiller au S8, je remballe tout et commence à faire mijoter mon fameux cassoulet. Que je l’ai apprécié celui-là !!!

Une heure plus tard, tout le monde se retrouve au sec. Encore plein d’images d’eaux cristallines et de roches artistiquement errodées, nous reprenons la route. Ce n’est qu’à 19 heures que je retrouve enfin mon fils et ma moitié pour profiter d’une brève soirée, tout juste entrecoupée d’un bon bain, avant de me mettre au lit. Que de belles images plein la tête.

Article mis en ligne par Romain