Sortie initiation à la grotte de la Castelette

Le café fume dans la petite tasse verte qui me brûle les doigts. Il doit être pas loin de huit heures du matin et, malgré cette heure un peu matinale à mon goût pour un samedi et la maisonnée endormie, Thomas blague déjà volontiers. La journée sous terre promet de ne pas être triste ! Au menu : sortie initiation à la grotte de la Castelette, dans le massif de la Sainte-Baume.

L’objectif était de faire découvrir à qui voulait – en l’occurence : Romain, Amélie et moi-même (Vincent)- les différentes joies de la spéléo sèche dans la grotte de la Castelette, plutôt complète en la matière tout en restant très accessible pour des novices.

Après une bonne heure de route (en compagnie de Bruce Springsteen et des Red Hot) pour arriver à Plan d’Aups, Thomas nous remet nos équipements de parfaits petits mineurs de fond et nous nous engageons sur le sentier pour la marche d’approche. Après une demie-heure et quelques fourvoiement dans les bartasses à suivre des pistes de sangliers, on retombe sur la bonne trace et on franchit le petit passage en main-courante qui permet d’accéder au bas de la vire rocheuse.

C’est finalement un peu avant onze heures que l’entrée de la grotte dispense son petit air frais sur nos figures empourprées. Pendant que Thomas part devant pour poser plaquettes et cordes fixes, les trois néophytes que nous sommes s’équipent gentiment. Et à partir de là : que du bonheur !

Après la première petite descente sur corde permettant à notre initiateur de nous expliquer comment fonctionne le matériel, nous arrivons sur les quelques mètres de toboggan terreux, à plat dos, passons un petit ressaut et débouchons dans une salle modeste où nous regroupons avant de continuer. La suite, c’est bien simple, c’est le P 30 ! Je demande si je peux être le premier à passer, histoire d’essayer de faire quelques photos de mes compères depuis le bas. Arrivé au relais de fractionnement ma petite Petzl ne trouve pas grand chose à éclairer et il faudra la Scurion de Thomas pour que j’aperçoive le filet d’eau serpentant quelques 25 mètres sous mes pieds. En avant Guingamp ! Les sensations sont nickelles, ça glisse tout seul jusqu’en bas. Je profite de ma descente en fil d’araignée pour entonner “Mercedes Benz” de Janis Joplin. A en juger de l’acoustique, il doit y avoir du volume !

Au fond, à côté de ce qui doit être l’Huveaune, les pieds dans un sable brun, on se rend mieux compte de la taille pharaonique de la salle dans laquelle on vient de descendre. En levant la tête vers le relais j’aperçois les petites silhouettes de mes collègues en contre-jour de leurs lampes respectives. L’ambiance est géniale.

Une fois tout le monde en bas, on longe le tracé du cours d’eau jusqu’à atteindre la petite vasque qui permet de rejoindre (en plongeant le S1) la surface et de déboucher à la source de l’Huveaune. Depuis le bord on admire donc ce petit bout de lac dont l’eau semble aussi claire que le fond boueux. On retourne ensuite sur nos pas pour remonter le sens du “courant” de la rivière et arriver, quelques méandres et concrétions plus loin, à “La Méduse”. La petite remontée sur corde qui s’impose y est plutôt cocasse, tant dans les positions de kamasutra qui s’y pratiquent, les pieds qui trempent dans l’eau, que dans l’efficience lointaine qu’on essaie de mettre en oeuvre pour gravir les quelques mètres de concrétions qui nous séparent de la plate-forme suivante, sous l’oeil et le verbe amusés de notre compagnon chevronné.

Nous enchaînons ensuite avec une petite traversée sur vire, en surplombant quelques vasques d’eau pour arriver à la voûte mouillante. Une fois encore, notre sortie étant “spéléo sèche”, nous nous en tenons à imaginer la fraîcheur de l’exercice avant de faire demi-tour en contemplant les magnifiques sculptures calcaires de l’endroit.

Vient alors l’heure de la pause repas. Le bidon étanche du Têtard à hublot libère alors les pique-niques. Sandwiches au jambon, pâté en croûte et autres terrines au fromage ne survivront pas à cette grotte. En fin d’exercice, le désormais fameux “thé à la menthe de Thomas” apporte une petite note de dessert à notre repas. Les barres chocolatées ne sont d’ailleurs peut-être pas étrangères non plus à ce final.

Après quelques temps à contempler le plafond pour les uns et à tchatcher pour les autres, nous plions bagages et partons retrouver, étapes après étapes, notre point d’entrée. La méduse donne à nouveau l’occasion de se marrer un peu (hein Romain ?) et puis c’est le moment de remonter les quelques dizaines de mètres de corde du grand puis. Ambiance unique à nouveau, suspendu dans le noir, et découverte de ce génial petit assistant qu’est un “pantin”. D’en haut, une poulie Traxion encourage nos efforts au besoin. Bref, tout baigne. Je dirais même qu’une fois arrivé au relais, je suis en nage. Elles vont bien ces sous-combi !

On remonte en direction de la surface tout en blaguant et, au fur et à mesure que nous nous en rapprochons, Thomas déséquipe son matériel. Alors que la lumière du jour revient à nos pupilles dilatées, une écrasante chape d’air chaud vient nous rappeler que nous sommes au coeur du mois d’août, à l’extérieur. Il est au alentours de 18 heures. Le retour aux véhicules se fait sur fond de discussion au sujet de la castration et des effets néfastes qui en résultent. Bref, on rigole encore. Allez comprendre…

La sortie se termine autour d’un paquet de Figolu et d’un soda à la terrasse du café du coin. Tout le monde semble satisfait de cette demie-douzaine d’heures passées sous terre, et franchement, la Castelette, c’est vraiment chouette ! La prochaine fois … voûte mouillante !

Merci à la SSFV pour cette sortie.

Vincent.

Article mis en ligne par Romain